Gertrude Vanderbilt Whitney

Gertrude Vanderbilt Whitney

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Titre : Etude de tête pour le monument du Titanic.

Auteur : VANDERBILT WHITNEY Gertrude (1875 - 1942)

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 31,5 - Largeur 20,5

Technique et autres indications : Marbre noir.En dépôt au musée national de la Coopération Franco-américaine de Blérancourt.

Lieu de Conservation : Musée national d'Art moderne - Centre Pompidou site web

Contact copyright : © Photo CNAC/MNAM Dist. RMN-Grand Palais - © Droits réservés

Référence de l'image : 23-004260 / JP59S

Etude de tête pour le monument du Titanic.

© Photo CNAC/MNAM Dist. RMN-Grand Palais - Droits réservés

Date de publication : avril 2007

Contexte historique

Née à New York en 1875 dans un milieu fortuné - elle était la fille du richissime Cornélius Vanderbildt II, et une héritière convoitée -, Gertrude Vanderbildt épousa en 1896 le séduisant Harry Payne Whitney, financier et joueur de polo. Elle y rencontra Auguste Rodin (1840-1917) qu’elle admirait et dont elle avait subi l’influence dès ses premières œuvres.
Outre son activité créatrice, Gertrude Vanderbildt Whitney était également - comme Peggy Guggenheim (1898-1993) - un mécène. Elle décida alors de fonder son propre musée : en 1931, le Whitney Museum of American Art ouvrit ses portes dans la 8e rue de New York. Par son action en faveur des jeunes artistes, elle favorisa l’émergence d’une esthétique américaine originale, dégagée des influences artistiques européennes.

Analyse des images

La sculpture monumentale occupe une place importante dans l’œuvre de Gertrude Vanderbildt Whitney et ses réalisations sont nombreuses. Citons, entre autres : la fontaine Aztèque (1910, patio du Pan American Building de Washington), la fontaine Arlington (1910, Whitney Museum), la fontaine El Dorado (Lima, Pérou), la statue équestre de Buffalo Bill (1924, Parc national de Yellowstone), le mémorial de Christophe Colomb (port de Palos, en Espagne), la statue de Peter Stuyvesant (1939, Stuyvesant Square, New York)…
Gertrude Vanderbildt Whitney a réalisé cette étude de tête pour un monument dédié aux victimes du naufrage du Titanic survenu dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, au large des côtes de Terre-Neuve. Le célèbre transatlantique, le plus grand et le plus luxueux jamais construit, effectuait alors sa première traversée, des côtes anglaises vers New York. Il y eut 1 500 victimes sur les 2 200 passagers. De nombreux hommes périrent en laissant leurs places aux femmes et aux enfants dans les canots de sauvetage et le monument commémore particulièrement leur geste généreux. Le mémorial dans son ensemble est simplement constitué d’un haut socle quadrangulaire, surmonté de la statue colossale d’un homme debout, les bras en croix, et dont la face levée vers le ciel, orientée vers l’Est, symbolise la Résurrection. Il est communément admis que le sculpteur s’est inspiré du visage de son frère, Alfred Vanderbildt, lui-même tragiquement disparu dans le naufrage du Lusitania, paquebot anglais torpillé par un sous-marin allemand, le 7 mai 1915, au large des côtes de l’Irlande. Erigé le 26 mai 1931, le Mémorial du Titanic se trouve aujourd’hui dans Channel Park, à Washington.

Interprétation

Pendant de longues décennies, les grands collectionneurs et les musées américains n’eurent d’yeux que pour l’art européen. Ainsi, dans les années vingt et trente, le célèbre amateur d’art Earl Horter amassa un véritable trésor constitué d’œuvres signées Picasso, Braque, Duchamp ou Brancusi. On pourrait multiplier à l’infini les noms de ces esthètes avisés d’outre-atlantique qui ont su donner à l’art européen une dimension tout à la fois marchande et universelle.
Gertrude Vanderbildt Whitney est, semble-t-il, la première collectionneuse à s’être intéressée à l’art américain proprement dit. Tout en apportant son aide à des artistes européens d’avant-garde comme le sculpteur Constantin Brancusi (1876-1957), elle considère que l’art américain ne doit plus être une annexe provinciale de son grand frère européen et qu’il doit acquérir sa propre autonomie. Elle crée une véritable communauté d’artistes qu’elle aide financièrement, qu’elle encourage et qu’elle expose dans son Whitney Studio Club. Des artistes comme John Sloan, Robert Henri, Edward Hopper, Peggy Bacon, Marguerite Zorach, Stuart Davis - qui sont maintenant considérés comme de vieux maîtres américains - lui doivent incontestablement leur notoriété. Ce premier art véritablement américain demeure attaché à un réalisme de bon aloi. Alors que l’Europe a déjà vu défiler les vagues de l’Impressionnisme, du Fauvisme et du Cubisme, les peintres américains brossent de jolis portraits ou des scènes de la vie mondaine. Le même conservatisme marque la sculpture qui reste néanmoins influencée par la manière de Rodin : The Promenade, de Maurice Prendergast, n’est que la version longiligne du célèbre Baiser. L’art américain passe par une phase isolationniste avant que ne se produise, pendant les années vingt et trente, une véritable explosion dans tous les domaines d’une création enfin ouverte à l’étranger. Ces années-là voient la naissance de la culture américaine telle que nous la connaissons aujourd’hui.

  • Etats-Unis
  • sculpture

Bibliographie

B.H.FRIEDMANGertrude Vanderbildt Whitney : A BiographyNew York, 1978.Bernard GENIES « Comment un nain culturel est devenu un géant - Art : des petits maîtres aux grands marchands »in Le Nouvel Observateur, n° 1804, 3 juin 1999.Charlotte Streifer RUBINSTEINAmerican Women Sculptors, A History of Women Working in Three DimensionsBoston, 1990.

Pour citer cet article

Alain GALOIN, « Gertrude Vanderbilt Whitney »


Video: Whitney Stories: Fiona Donovan