Le fléau de la tuberculose

Le fléau de la tuberculose

  • Un grand fléau la tuberculose.

    GALAIS F.

  • La visiteuse d'hygiène vous montrera le chemin de la santé.

    LEROUX Auguste (1871 - 1954)

  • Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance.

Un grand fléau la tuberculose.

© Collections La Contemporaine

La visiteuse d'hygiène vous montrera le chemin de la santé.

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Titre : Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance.

Auteur :

Date de création : 1917

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Technique et autres indications : Affiche de la commission américaine de préservation contre la tuberculose en France

Lieu de Conservation : La contemporaine. Bibliothèque, archives, musée des mondes contemporains site web

Contact copyright : © Collections La Contemporaine

Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance.

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Date de publication : octobre 2005

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Le fléau de la tuberculose

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Contexte historique

Un fléau social

La Grande Guerre s’accompagne d’une recrudescence de la mortalité tuberculeuse. Le taux de mortalité provoqué par ce fléau atteint 2 pour 1000 en 1917 pour fléchir ensuite.

Cette maladie constitue la cible majeure des courants hygiénistes qui se sont multipliés au tournant du siècle. Ces affiches en sont une modalité.

Analyse des images

Une campagne de prévention

Une première affiche représente une scène de rue de la ville ordinaire. Des immeubles pressés le long d’artères exiguës interdisent d’entrevoir le ciel et créent une atmosphère étouffante et fétide signifiée par la palette qui emprunte uniformément à l’ocre et à ses dégradés. Depuis la fenêtre d’un immeuble, une femme secoue un linge sans égard pour des enfants qui passent avec leur pot à lait. Derrière une sombre devanture, des « parents boivent ». Au premier plan, une mère de famille trop lourdement chargée discute avec un homme presque en haillons (son mari, sorti du café ?). Derrière eux, une bouche d’égout, des ordures jonchant la rue. A leurs côtés, un tas d’ordure où fouillent de concert, dans des postures parallèles, un chien et un gamin. A l’arrière-plan, un autre gamin, invalide, et des groupes en majorité constitués de femmes et d’enfants, recevant à leur tour des ordures depuis une fenêtre. « La France, patrie de la bactériologie est aussi la patrie des bactéries », écrit alors le Chicago Tribune (juillet 1917). Par l’unique interstice qui pourrait laisser pénétrer le soleil et l’air, s’introduit la Faucheuse, image d’une mort popularisée par les danses macabres qui durent aux grandes pestes médiévales de se multiplier.

Sur une seconde affiche (Auguste Leroux, 1918), une visiteuse d’hygiène portant sur sa manche la double croix, symbole de la lutte internationale contre la tuberculose, protège une fillette coiffée du bonnet phrygien. Elle lui « montre le chemin de la santé » et s’engage dans cette voie d’un pas résolu, traduit par la diagonale de la construction et par l’esthétique à l’œuvre. A l’horizon, le Paris de l’Ouest, dégagé et signifié par ses monuments prestigieux et surtout par son plein ciel.

La dernière affiche laisse deviner la victoire prochaine puisqu’un personnage qui participe de l’infirmière (en tenue blanche) et d’une déesse ailée (le drapeau tricolore) écrase le mal, figuré par la pieuvre. Elle peut dès à présent brandir victorieusement l’enfant qu’elle a arraché à la mort, dans un mouvement général d’ascension qui emprunte aux représentations liturgiques du XVIIe siècle.

Interprétation

Hygiénisme et nationalisme

Ces affiches empruntent à des styles très divers pour diffuser un même message : la nécessaire protection de l’enfance, au cœur de chacune des représentations. Elles mobilisent le naturalisme, des allégories et toute une série de codes convenus et largement réactivés durant la guerre ; ainsi la pieuvre, cette incarnation du mal, le bonnet phrygien qui doit à sa cocarde tricolore de signifier la patrie plus que la République. Quant à l’affiche qui accuse la ville insalubre, elle mobilise tous les poncifs hygiénistes, graphiquement codifiés dès avant la guerre.

Deux de ces affiches sont un appel à la mobilisation, comme l'indique l'usage de l’impératif. Cette mobilisation participe du combat patriotique. A preuve, le terme de « croisade », l’air martial de cette infirmière qui peut tout aussi bien signifier l’allié américain, protégeant sur ce front comme elle le fait sur d’autres la France, figurée par son bonnet phrygien ; pour une victoire que la troisième affiche, dit assez bien nationale. (deux affiches de même provenance l’expriment plus nettement encore : « L’aigle boche sera vaincu, la tuberculose aussi », « L’aigle boche est vaincu, la tuberculose doit l’être aussi »). Ces affiches donnent à voir les armes à mettre en œuvre pour l’emporter : un urbanisme redéfini dont le Paris de l’Ouest (où la mortalité tuberculeuse est sensiblement plus faible) se veut l’expression. Un contrôle social, ici symbolisé par la rigueur et l’uniforme de cette femme-soldat d’une juste cause, se donne pour son indispensable auxiliaire.

  • cafés
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  • enfance
  • hygiène
  • maladie
  • nationalisme

Bibliographie

Pierre GUIKAUME Les Tuberculeux, du désespoir au salut, XIXe-XXe siècle Paris, Aubier, 1986.Lion MURARD et Patrick ZYLBERMAN « La mission Rockefeller en France et la création du comité national de défense contre la tuberculose, 1917-1923 »in Revue d’histoire moderne et contemporaine , février 1987.Maurice AGULHON Les Métamorphoses de Marianne Paris, Flammarion, 2001.

Pour citer cet article

Danielle TARTAKOWSKY, « Le fléau de la tuberculose »


Video: Mozambique: des rats pour détecter la tuberculose