Une fête de village en Normandie

Une fête de village en Normandie

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Titre : Une fête de village en Normandie.

Auteur : JOUHAUX ( - )

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 24 - Largeur 32

Technique et autres indications : Huile sur toile.

Lieu de Conservation : MuCEM site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Référence de l'image : 99-018247 / 38.163.1

Une fête de village en Normandie.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Date de publication : juillet 2007

Contexte historique

Moment de liberté au village

La notion de foire, incluant l’idée de fête, recouvre aussi bien l’idée de kermesse que de marché commercial temporaire. La foire, du Moyen Âge au milieu du XVIIIe siècle, est un marché important où les échanges dépassent le cadre local. Suivent également comédiens et artistes ambulants – saltimbanques, bateleurs, acrobates, musiciens, belluaires et montreur de « phénomènes ». Les foires de Leipsick ou de Beaucaire ont alors une notoriété internationale ; cependant que chaque village possède sa foire et représente un moment de gaîté pour les habitants.

Analyse des images

Le temps libre

Le tableau du peintre Jouhaux représente une foule massée devant de nombreuses attractions foraines venues dans leur village. En dépit du titre, il doit s’agir d’un village important ou d’une fête de dimension régionale. Les spectateurs arborent la tenue traditionnelle, adultes comme enfants. Plusieurs baraques foraines sont présentes pour l’occasion, constituées d’assemblage de planches recouvertes par une bâche. Le métier comporte une entrée, placée sous le panneau d’enseigne et un second accès situé de l’autre côté de l’estrade. Il s’agit d’un entresort qui assure un spectacle permanent.
Au premier plan, un banquiste, perché sur son estrade, en plein boniment, fait retentir une grosse caisse, retenant ainsi la foule pour l’inviter à entrer dans l’entresort. Normalement, une personne assure la parade : le tambour, l’aboyeur, le trompette, le clown, la danseuse ou l’acrobate. Parfois Pierrot est un faire-valoir naïf et maladroit. Derrière les artistes, il y a une toile peinte qui représente les attractions, ici un volcan en éruption, certainement le Vésuve. A l’intérieur, le spectateur assiste à des dioramas de catastrophes naturelles. Au second plan, sur le même modèle, un numéro de funambule et plus loin l’exhibition d’une femme géante. A l'arrière-plan, les baraques sont nombreuses et peuvent présenter des phénomènes, des musées de cire, des acrobates… Face aux banquistes, les cabarets sont alors nombreux et nous voyons ici un estaminet avec une bouteille comme enseigne.
L’histoire des attractions de foires se divise ainsi : le palque correspond aux numéros effectués au sol par les acrobates ou avaleurs de sabres ; il est antérieur au spectacle présenté sur des planches par les banquistes ou paradistes, dépeint ici. Ensuite se développe la fête foraine, avec les forains actuels et leurs manèges.

Interprétation

Un champ d’espoir

L’attrait pour les foires tient du fait qu’elles sont une nécessité pour les échanges et un temps libre qui laisse place au loisir individuel. Les foires se maintiennent malgré les restrictions imposées par les autorités, soucieuses de canaliser tous les rassemblements. La fête reste nécessaire pour soulager des peurs et misères de la vie quotidienne et représente un moment privilégié pour savourer le temps libre. La foire introduit la rupture avec la vie du travail dont elle est la récompense, où l’on dépense plus aisément, loin de la communauté : spectacles extraordinaires, artistes ambulants, jeux de chance, consommation aux cabarets...
Les gravures, les cartes postales et tout support populaire susceptible de rappeler ce moment exceptionnel que symbolise la fête foraine sont nombreux, mais les peintres ou les écrivains ont aussi étaient inspirés par cet univers. Les costumes colorés des saltimbanques, les jeux d’expressions, les contorsions du corps, le mode de vie de l’artiste errant… vont se retrouver dans le tableau La fête à saint Cloud de Fragonard, ou dans le texte Le vieux saltimbanque de Charles Baudelaire.

  • fête foraine
  • vie rurale
  • campagne
  • commerce
  • Normandie

Bibliographie

Charles BAUDELAIRELe vieux saltimbanque, in Le Spleen de Paris, XIV, Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade.Paris, Gallimard, 1975.Alain CORBINL’avènement des loisirs 1850-1960Paris, Flammarion 2001.Un spectacle forain vers 1830article dans la Revue du Louvre, n°5-6.Paris, RMN, 1989.

Pour citer cet article

Valérie RANSON-ENGUIALE, « Une fête de village en Normandie »


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