L'expédition d'Espagne

L'expédition d'Espagne

  • Passage de la Guadarana [sic] par l'armée française en Espagne.

    TAUNAY Nicolas Antoine (1755 - 1830)

  • Louis XVIII recevant le duc d'Angoulême à son retour de la campagne d'Espagne.

    THOMAS Antoine Jean-Baptiste (1791 - 1834)

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Titre : Passage de la Guadarana [sic] par l'armée française en Espagne.

Auteur : TAUNAY Nicolas Antoine (1755 - 1830)

Date représentée : 1823

Dimensions : Hauteur 49,5 - Largeur 35,5

Technique et autres indications : Lithographie.

Lieu de Conservation : musée de l’Armée (Paris) site web

Contact copyright : © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Emile Cambiersite web

Référence de l'image : 07-537144 / 2007.1.56

Passage de la Guadarana [sic] par l'armée française en Espagne.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Emile Cambier

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Titre : Louis XVIII recevant le duc d'Angoulême à son retour de la campagne d'Espagne.

Auteur : THOMAS Antoine Jean-Baptiste (1791 - 1834)

Date de création : 1823

Date représentée : 02 décembre 1823

Dimensions : Hauteur 67 - Largeur 102

Technique et autres indications : Titre complet : Louis XVIII entouré des membres de la famille royale recevant dans son cabinet aux Tuileries, le duc d'Angoulême à son retour de la campagne d'Espagne, le 2 décembre 1823.

Lieu de Conservation : Musée national du château de Versailles (Versailles) site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / G. Blotsite web

Référence de l'image : 85-000133 / MV8552

Louis XVIII recevant le duc d'Angoulême à son retour de la campagne d'Espagne.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Blot

Date de publication : août 2009

Contexte historique

En 1808, l’intervention des troupes françaises en Espagne avait déclenché un soulèvement général de la population espagnole. L’absolutisme du souverain, les nombreuses persécutions à l’encontre des libéraux, le rétablissement de l’Inquisition, entraînèrent une insurrection populaire en 1820.

Dans une Europe troublée par une agitation libérale clandestine mais sous-jacente, les libéraux menés par Rafael del Riego remportèrent les élections législatives aux Cortes en 1822. Le 28 janvier, Louis XVIII put donc annoncer que « cent mille Français étaient prêts à marcher en invoquant le nom de Saint Louis pour conserver le trône d’Espagne à un petit-fils d’Henri IV. » Chateaubriand, ministre des Affaires étrangères depuis le 17 mai 1822, et les royalistes ultras exultaient : l’armée royale allait pouvoir prouver sa valeur et son dévouement face aux libéraux espagnols pour la gloire de la monarchie des Bourbons.

Analyse des images

Issu d’une famille d’artistes, orfèvres, peintres, sculpteurs, Nicolas Antoine Taunay (1755-1830) séjourna à l’Académie de France à Rome de 1784 à 1787. Peintre de genre et de paysages, son goût pour la peinture d’histoire lui valut d’être choisi pour illustrer les campagnes allemandes de Napoléon Ier en 1805. De 1816 à 1820, il partit au Brésil avec la Mission artistique française et contribua à y créer l’Académie impériale des beaux-arts. Il y produisit nombre de paysages à la saveur exotique. Rentré en France en 1821, il renoue avec la peinture d’histoire et représente ici l’armée française franchissant avec peine la Sierra de Guadarrama, une imposante barrière montagneuse qui protège Madrid. Le 23 mai 1823, les troupes françaises investissaient la capitale espagnole où le duc d’Angoulême, neveu de Louis XVIII, installa une régence temporaire sous le protectorat de la France.

Lauréat du Prix de Rome en 1816, Antoine Jean-Baptiste Thomas (1791-1834) a représenté, quant à lui, l’épilogue heureux de la campagne d’Espagne : dans son cabinet des Tuileries, Louis XVIII reçoit le duc d’Angoulême, commandant en chef victorieux de l’armée des Pyrénées. Assis dans un fauteuil, le roi podagre serre la main de son neveu avec une reconnaissance quelque peu grandiloquente. Derrière le duc, Madame Royale – Marie-Thérèse Charlotte, fille de Louis XVI, sa cousine germaine qu’il a épousée en exil en 1799 – s’accroche à son mari et lève sur lui un regard admiratif. Debout derrière le roi, Monsieur, comte d’Artois, son frère, tient dans ses bras le petit duc de Bordeaux, le fils du duc de Berry assassiné en 1820, tandis que la mère de l’enfant se tient à gauche du souverain. Empreinte d’une atmosphère toute filiale, la scène met en évidence la continuité de la dynastie des Bourbons.

Interprétation

Dès le 7 avril 1823, les troupes françaises entrèrent en Espagne. À la fin de février, les Chambres avaient voté un crédit extraordinaire de 200 millions pour financer l’expédition. Malgré son manque d’expérience militaire, le duc d’Angoulême avait été nommé commandant en chef de l’expédition, mais il laissait à son major général Guilleminot, général d’Empire, le soin de diriger effectivement le corps expéditionnaire. Sur cinq corps d’armée, quatre étaient d’ailleurs placés sous les ordres d’anciens serviteurs de l’Empire, les commandements secondaires étant dévolus aux royalistes fidèles aux Bourbons.

Dès le 23 mai, les Français entrèrent dans Madrid. Les Cortes, dont Ferdinand VII était le prisonnier, se réfugièrent dans Cadix, devenue provisoirement la capitale de l’Espagne. Le 30 septembre, les libéraux furent contraints de capituler. Le 23 novembre 1823, le duc d’Angoulême revenait en France, laissant derrière lui une armée d’occupation de 45 000 hommes. L’humiliation des défaites napoléoniennes en Espagne était effacée, et Chateaubriand, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Villèle du 28 décembre 1822 au 6 juin 1824, pouvait écrire triomphalement dans ses Mémoires d’outre-tombe : « Enjamber d’un pas les Espagnes, réussir là où Bonaparte avait échoué, triompher sur ce même sol où les armes de l’homme fantastique avaient eu des revers, faire en sept mois ce qu’il n’avait pu faire en sept ans, c’était un véritable prodige ! » La victoire de l’armée française en Espagne était surtout un succès personnel pour Louis XVIII, dont elle renforçait la légitimité.

  • Bourbons
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  • Louis XVIII
  • Sainte Alliance
  • Chateaubriand (François-René de)
  • expédition

Bibliographie

Bartholomé BENNASSAR, Histoire des Espagnols, Paris, Laffont, coll. « Bouquin », 1992.

Guillaume BERTIER de SAUVIGNY, La Restauration, Paris, Flammarion, 1955.

Georges BORDONOVE, Louis XVIII : le Désiré, Paris, Pygmalion, 1989.

Francis DEMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.

Évelyne LEVER, Louis XVIII, Paris, Fayard, 1988.

Jean VIDALENC, La Restauration 1814-1830, Paris, P.U.F., coll. « Que sais-je ? », 1983.

Emmanuel de WARESQUIEL et Benoît YVERT, Histoire de la Restauration.

Naissance de la France moderne, Paris, Perrin, 1996.

Pour citer cet article

Alain GALOIN, « L'expédition d'Espagne »


Video: LHISTOIRE BORDELIQUE DES ROIS DESPAGNE - DOC SEVEN