La déroute de Cholet, octobre 1793

La déroute de Cholet, octobre 1793

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Titre : La déroute de Cholet, octobre 1793.

Auteur : GIRARDET Jules (1856 - 1938)

Date de création : 1883

Date représentée : octobre 1793

Dimensions : Hauteur 150 - Largeur 251

Technique et autres indications : Huile su toile

Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Cholet site web

Contact copyright : © Coll. Musée d'Art et d'Histoire de Cholet - Cliché Studio Golder, Cholet

Référence de l'image : G - 92.249 / Inv. 971.001

La déroute de Cholet, octobre 1793.

© Coll. Musée d'Art et d'Histoire de Cholet - Cliché Studio Golder, Cholet

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

On relève les premiers soulèvements paysans en Vendée en février 1791, puis durant l’été 1792. Les Blancs refluent alors vers la Loire pour échapper à la répression.

Analyse des images

Le dimanche 3 mars 1793 ont lieu les premières insurrections qui marquent véritablement le début des guerres de Vendée. Les soulèvements prennent rapidement de l’ampleur et touchent bientôt une douzaine de départements pour finalement, à partir d’avril, diminuer d’intensité au nord de la Loire et ne plus occuper que la Vendée. Les paysans conscients du danger qui les menace – la Convention s’étant déclarée impitoyable pour ceux qui seraient pris les armes à la main – recrutent des nobles pour les encadrer. L’armée catholique et royale devient progressivement une force organisée mais encore très sujette aux variations d’effectifs – elle regroupe majoritairement des paroissiaux que les généraux ne peuvent mobiliser que quelques jours d’affilée. Pourtant la Vendée insurgée résiste jusqu’en octobre aux armées républicaines. Le 17 octobre à Cholet, les Bleus, dirigés par Kléber et Marceau, remportent cependant une victoire décisive qui pousse une partie de l’armée royale et des milliers de femmes, de vieillards et d’enfants vers le nord de la Loire dans le vain espoir de soulever la Bretagne et le Maine, et de se rapprocher des Anglais qui croisent dans la Manche. C’est le commencement de cette expédition, connue sous le nom de “ virée de Galerne ”, que retrace Girardet. Il évoque une armée composite, constituée de paysans entourés de leurs femmes et de leurs enfants, qui fuit la répression des soldats des armées républicaines. La panique et la détresse se lisent sur leurs visages, deux chevaux lancés dans un galop furieux qui emporte à travers le champ de bataille dévasté une charrette brisée et des blessés agonisants symbolisant dramatiquement la peur que les Bleus pouvaient susciter. Le caractère intense et inorganisé de la fuite évoque également l’indécision d’une bataille qui aurait pu basculer en faveur de l’armée catholique et royale.

Interprétation

Dans sa peinture de la fuite des Vendéens vers la Loire, Jules Girardet, également portraitiste, brosse aussi assez précisément la silhouette des soldats de l’armée royale et catholique, qui se confondront bientôt avec les Chouans : des paysans à l’épais bonnet de laine ou au chapeau à larges bords, aux longs cheveux plats, aux culottes courtes et non fermées au genou et portant guêtres et sabots. Enfin, par-dessus une veste de couleur sombre, ils endossaient en hiver un surtout de peau de chèvre garnie de ses longs poils. En outre, l’artiste, qui évoqua les troubles vendéens dans plusieurs de ses œuvres (Les Révoltés de Fouesnant..., musée de Quimper), suggère également le prolongement de la déroute de Cholet, la “ virée de Galerne ” et son funeste destin.

  • contre-révolution
  • Convention
  • Vendée

Bibliographie

Jean-Clément MARTIN“ La Vendée région mémoire ” in Pierre Nora (sous la direction de) Les Lieux de mémoire ome I “ La République ”, Paris, Gallimard, 1984, rééd.coll.“ Quarto ”, 1997.Jean-Clément MARTIN Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée Paris, Gallimard, coll.“ Découvertes ”, nouv.édition, 2001.François FURET“ Vendée ” ; “ Chouannerie ”, in François FURET et Mona OZOUF (dir.), Dictionnaire critique de la Révolution française Paris, Flammarion, 1988, rééd.coll.“ Champs ”, 1992.Louis DUCHEMIN des CÉPEAUX Lettres sur l’origine de la Chouannerie 1825-1827;

Pour citer cet article

Pascal DUPUY, « La déroute de Cholet, octobre 1793 »


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