Les cribleuses de blé

Les cribleuses de blé

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Titre : Les cribleuses de blé.

Auteur : COURBET Gustave (1819 - 1877)

Date de création : 1854

Date représentée : 1854

Dimensions : Hauteur 131 - Largeur 167

Technique et autres indications : Huile sur toile

Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts de Nantes site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Référence de l'image : 99DE20202/Inv. 874

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Date de publication : septembre 2005

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Les cribleuses de blé

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Contexte historique

Au milieu du XIXe siècle, la culture est largement prédominante dans l’économie rurale du Doubs. Cette spécialisation céréalière, signe des riches ressources du terroir, répond à la demande grandissante des villes, qu’il faut approvisionner en blé.

Analyse des images

A Ornans durant l’hiver 1853-1854, Courbet immortalise une scène de la vie paysanne, dont il a choisi les modèles parmi les membres de sa famille. Au centre, sa sœur Zoé crible le blé au moyen d’un grand van ; assise en retrait, Juliette, seconde sœur du peintre, sépare manuellement les grains de la paille ; à droite enfin, un jeune garçon identifié comme son fils naturel examine le mécanisme du tarare, appareil à cribler par ventilation. A la surface de la toile, un camaïeu d’ocres décline la couleur naturellement chaleureuse du blé qui s’éparpille au sol. Seules la robe de Juliette et la veste du garçonnet, se répondant de part et d’autre de l’axe central de la toile, sont traitées en couleurs froides, tandis que l’intensité chromatique culmine dans le vêtement rouge orangé de Zoé. Point focal de la composition, cette dernière s’impose au spectateur par sa taille presque disproportionnée, mais aussi par l’énergie et la tension qu’elle développe et transmet à l’ensemble de la représentation. A son “ expansivité musculaire ”, trahie par le puissant mouvement d’ellipse qu’elle imprime au tamis, s’ajoute la troublante sensualité de sa position – elle est agenouillée – et de son corps déployé par l’effort physique. Visage caché, presque anonyme, Zoé emplit de sa présence toute la toile, tandis que les deux autres acteurs – Juliette, somnolente sur son ouvrage, et l’enfant, littéralement absorbé dans la contemplation du tarare – apparaissent comme des figurants.

Interprétation

Intitulé aussi par Courbet Les Cribleuses ou les Enfants des cultivateurs du Doubs, le tableau démontre “l’importante persistance de la culture du blé dans le Doubs du milieu du XIXe siècle ” et la nécessité pour le paysan de mettre à contribution toute sa famille afin d’atteindre “ les limites de l’aisance ”. On note à cette époque une progression notable des rendements agricoles du département. Cette évolution est le fait de l’extension des surfaces céréalières et de l’amélioration locale de l’outillage agricole. L. Nochlin voit d’ailleurs dans Les Cribleuses de blé une “ image du progrès dans le domaine des activités agricoles ” : “ A gauche, la séparation manuelle, inefficace, rétrograde du grain et de la menue paille ; au centre l’emploi plus progressiste et énergique du crible ; […] à droite, la mécanisation. ” Sans sacraliser comme Millet “ les travaux et les jours ” de ses concitoyens ornanais, refusant la misère et l’apitoiement dans sa représentation du travail, Courbet dépasse le réalisme pittoresque pour atteindre à la noblesse de “ l’allégorie réelle ”.

  • ferme
  • naturalisme
  • paysans
  • travail agricole
  • vie rurale

Bibliographie

FERNIER Jean-Jacques, MAYAUD Jean-Louis et LE NOENE Patrick Courbet et Ornans Paris, Herscher, 1989 FRIED Michael Le Réalisme de Courbet, Esthétique et origines de la peinture moderne FRIED Michael, tome II, Paris, Gallimard, 1993 MAYAUD Jean-Luc Les Paysans du Doubs au temps de Courbet Paris, Les Belles Lettres, 1979.NOCHLIN Linda“ The Cribleuses de blé: Courbet, Millet, Breton, Kollwitz and the image of the working woman ”, in Malerei und Theorie: das Courbet-Colloquium Francfort, Städtische Galerie im Städelschen Kunstinstitut, 1980 TOUSSAINT Hélène Gustave Courbet catalogue de l’exposition, Paris, Grand Palais, 1977

Pour citer cet article

Emmanuelle GAILLARD, « Les cribleuses de blé »


Video: Une Minute au Musée - EP20 - Le Scribe accroupi