Le concours du Prix de Rome

Le concours du Prix de Rome

  • L'atelier de dessin à l'Ecole des Beaux-Arts.

    BAIL Antoine Jean (1830 - 1918)

  • Thésée reconnu par son père Egée.

    FLANDRIN Hippolyte (1809 - 1864)

  • La résurrection de Lazare.

    BONNAT Léon (1833 - 1922)

  • Adam et Eve trouvant le corps d'Abel.

    HENNER Jean-Jacques (1829 - 1905)

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Titre : L'atelier de dessin à l'Ecole des Beaux-Arts.

Auteur : BAIL Antoine Jean (1830 - 1918)

Date de création : 1855

Date représentée : 1855

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Lieu de Conservation : Musée Gadagne site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - G. Blotsite web

Référence de l'image : 97-015613

L'atelier de dessin à l'Ecole des Beaux-Arts.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Thésée reconnu par son père Egée.

Auteur : FLANDRIN Hippolyte (1809 - 1864)

Date de création : 1832

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 50 - Largeur 39

Technique et autres indications : Crayon, encre (dessin), mise au carreau, papier calque.

Lieu de Conservation : musée du Louvre (Paris) site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - T. Le Magesite web

Référence de l'image : 03-002155 / RF52629Folio7

Thésée reconnu par son père Egée.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : La résurrection de Lazare.

Auteur : BONNAT Léon (1833 - 1922)

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 112 - Largeur 145

Technique et autres indications : Huile sur toile.

Lieu de Conservation : Musée Bonnat site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojedasite web

Référence de l'image : 94-050163 / Inv.548

La résurrection de Lazare.

© Photo RMN-Grand Palais - R. Ojeda

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Titre : Adam et Eve trouvant le corps d'Abel.

Auteur : HENNER Jean-Jacques (1829 - 1905)

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 30 - Largeur 24,5

Technique et autres indications : Esquisse peinte pour le concours du Grand Prix de1858.

Lieu de Conservation : Musée Jean-Jacques Henner site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

Référence de l'image : 07-502438 / JJHP90

Adam et Eve trouvant le corps d'Abel.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

Date de publication : février 2011

Contexte historique

L’histoire du prix de Rome de peinture

Institué en 1663 afin de sélectionner les artistes qui seraient admis à séjourner à l’Académie de France à Rome, le concours était divisé en plusieurs catégories, sculpture, architecture, estampe, musique et peinture, cette dernière étant la plus prestigieuse. Après la rénovation de l’ancien couvent des Petits-Augustins, l’École des beaux-arts s’y installe en 1829, et c’est là que se déroule le concours annuel, toujours placé sous la tutelle de l’Académie.

Les épreuves sont ouvertes à tout concurrent de sexe masculin (les femmes n’obtiendront le droit de concourir qu’en 1903), célibataire, âgé de moins de trente ans et déjà admis à l’École des beaux-arts. Enfin, pour les candidats restants, la troisième épreuve consiste à exécuter une esquisse et une grande toile sur un sujet historique imposé, isolés durant soixante-douze jours dans une loge.

Analyse des images

Le déroulement du concours et les œuvres primées

La pratique du dessin est d’une importance primordiale dans la genèse des tableaux présentés au concours du prix de Rome. Seule matière enseignée à l’École des beaux-arts avant la réforme de 1863, le dessin constitue l’essence même de la formation des élèves, dans la plus pure tradition académique.

Les élèves se consacraient au dessin d’après nature ou d’après la bosse, c’est-à-dire d’après des moulages de statues antiques, comme le montre le tableau Un atelier de dessin à l’Ecole des Beaux-Arts peint en 1855 par Antoine-Jean Bail (1830-1918). Un modèle professionnel nu pose sur une estrade pour des élèves qui s’appliquent à le peindre sous la surveillance d’un professeur. Éclairé par une grande verrière, cet atelier au sol jonché d’instruments de travail, de livres, de papiers et de divers détritus abrite de nombreux moulages en plâtre.

Lors de la troisième étape du concours de peinture du prix de Rome, les participants fixaient les traits de la composition du grand tableau qu’ils devaient ensuite exécuter. Au bout du délai imparti, un professeur recueillait les esquisses dont les candidats recevaient des calques. Cette esquisse sur papier calque donne une idée déjà assez exacte de l’œuvre finale d’Hippolyte Flandrin (1809-1864) qui, avec Thésée reconnu par son père Egée, remporta le grand prix de peinture en 1832. Cet élève d’Ingres s’inscrit dans la lignée néoclassique de son maître. Dépourvue de tout artifice, sa composition inspirée d’une scène mythologique se distingue par l’agencement équilibré des figures dans l’espace et par son trait linéaire et épuré.

En 1857 et 1858, ce sont des sujets religieux qui sont proposés au concours, respectivement « La résurrection de Lazare » et « Adam et Ève trouvant le corps d’Abel ».

Candidat au concours, Léon Bonnat (1833-1922) proposa en 1857 une toile qui lui valut un second prix. Résultant de l’observation attentive des maîtres italiens, le traitement réaliste des têtes des personnages annonce son goût pour l’art du portrait qu’il développa avec succès par la suite, abandonnant le genre historique.

Jean-Jacques Henner (1829-1905) reçut le grand prix en 1858 pour Adam et Eve. Son esquisse peinte est très proche de la toile finale. Elle témoigne de la passion de l’artiste pour le sfumato des maîtres vénitiens, ainsi que pour les nus qui feront sa renommée. Campés à vigoureux coups de pinceau, Adam et Ève stupéfaits et anéantis par la douleur contemplent le cadavre d’Abel. Les corps nus, traités en clair-obscur, se détachent sur un paysage rocheux et boisé. D’une grande éloquence dramatique, cette toile n’est pas sans évoquer le célèbre tableau La Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime (1808, musée du Louvre) peint par Prud’hon, artiste qu’admirait beaucoup Henner.

Interprétation

Une carrière officielle

Les artistes qui remportaient le grand prix de Rome devenaient pensionnaires de l’Académie de France à Rome durant quatre ou cinq ans, suivant la spécialité qu’ils avaient choisie, peinture de paysage ou peinture d’histoire. C’était l’occasion pour eux de se familiariser avec les œuvres de l’Antiquité grecque et latine, ainsi qu’avec celles de la Renaissance italienne. Au cours de leur séjour, ils devaient exécuter un certain nombre de travaux : copies d’après nature ou d’après l’antique, esquisses peintes et tableaux d’histoire ou de paysage.

Une fois rentrés en France, les lauréats du grand prix de Rome étaient assurés, dans la plupart des cas, d’une carrière couronnée d’honneurs. Ils exposaient régulièrement au Salon et recevaient commande de toiles et de décors muraux pour des particuliers et les pouvoirs publics, pour lesquels ils décoraient palais nationaux, églises, etc. Le plus souvent aussi, ces artistes, auxquels la critique donna le surnom de « pompiers », étaient nommés à des postes officiels, devenant membres de l’Académie puis, récompense suprême accordée à certains, professeurs à l’École des beaux-arts.

Bien rodé, ce système officiel de cooptation, où l’académisme exerçait une domination sans partage, administrative comme esthétique, n’était pas sans susciter de virulentes critiques. Celles-ci aboutirent en 1863 à une réforme de l’École des beaux-arts destinée à l’émanciper de la tutelle de l’Académie et à l’ouvrir à la modernité artistique.

  • Académie de France à Rome
  • Académie des Beaux-Arts
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  • Ecole des Beaux-Arts
  • mythe
  • prix de Rome

Bibliographie

Philippe GRUNCHEC, catalogue de l’exposition Les Concours des Prix de Rome, 1797-1863, École nationale supérieure des beaux-arts, 8 octobre-14 décembre 1986, Paris, É.N.S.B.A., 1986.Les Beaux-Arts, de l’Académie aux Quat’z’arts, anthologie historique et littéraire établie par Annie Jacques, Paris, É.N.S.B.A., 2001.Anne MARTIN-FUGIER, La Vie d’artiste au XIXe siècle, Paris, Hachette, 2008.Cécile RITZENTHALER, L’École des beaux-arts du XIXe siècle.Les pompiers, Paris, Mayer, 1987.Harrison WHITE, La Carrière des peintres au XIXe siècle : du système académique au marché des impressionnistes, Paris, Flammarion, 2009.

Pour citer cet article

Charlotte DENOËL, « Le concours du Prix de Rome »

Glossaire

  • Académie des beaux-arts : Créée en 1816 par la réunion de l’Académie de peinture et de sculpture, fondée en 1648, de l’Académie de musique, fondée en 1669 et de l’Académie d’architecture, fondée en 1671. Institution qui rassemble les artistes distingués par une assemblée de pairs et travaillant le plus souvent pour la couronne. Elle définit les règles de l’art et du bon goût, forme les artistes, organise des expositions.

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