Le cirque à Paris

Le cirque à Paris

  • Hippodrome.

    LEVY Charles

  • Folies Bergères - L'homme obus.

    ANONYME

  • Folies-Bergères - Huline brother's.

    ANONYME

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Titre : Hippodrome.

Auteur : LEVY Charles ( - )

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 125,6 - Largeur 99,8

Technique et autres indications : Lithographie

Lieu de Conservation : MuCEM site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - G. Blotsite web

Référence de l'image : 05-509312 / 61.18.7F

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Folies Bergères - L'homme obus.

Auteur : ANONYME ( - )

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Technique et autres indications : Frères Mayol Paris : Imprimerie Emile Levy

Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - Bullozsite web

Référence de l'image : 01-024303

Folies Bergères - L'homme obus.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Folies-Bergères - Huline brother's.

Auteur : ANONYME ( - )

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 125 - Largeur 90

Technique et autres indications : Lithographie.

Lieu de Conservation : MuCEM site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzisite web

Référence de l'image : 05-513770 / 61.18.15F

Folies-Bergères - Huline brother's.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Date de publication : octobre 2010

Contexte historique

L’âge d’or du cirque à Paris

La seconde partie du XIXe siècle voit le développement significatif d’une économie de loisirs, liée en partie à l’industrialisation de la culture. C’est ainsi toute une culture « populaire » du divertissement qui connaît son âge d’or à à partir de la fin du siècle.

L’essor, l’ancrage et l’affirmation de cette nouvelle culture urbaine ont pour corrélat le développement d’une imagerie populaire caractéristique. L’amélioration des techniques de l’estampe (lithographie) et le contexte économique entraînent notamment le développement de la « réclame » et le recours croissant à l’affichage public pour vanter les produits de consommation comme les lieux de divertissement et les spectacles. L’affiche publicitaire en couleurs contribue ainsi à forger l’image d’un Paris dédié aux plaisirs, aux loisirs et à la fête.
Parmi les distractions ainsi proposées, le cirque, apparu en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, connaît dans les années 1890 un grand succès dans la capitale. Les spectacles et numéros attirent un public de plus en plus nombreux dans des endroits comme l’Hippodrome ou encore les Folies-Bergère, lieux qu’évoquent les images analysées ici.

Analyse des images

Des publicités au style direct

Réalisée dans les ateliers de chromolithographie que dirige l’imprimeur Charles Levy, l’affiche publicitaire Hippodrome annonce un spectacle de dressage. Le texte est réduit au nom de la salle qui accueille le numéro, l’Hippodrome. L’image représente le numéro que réalisent un lion et un cheval sous les yeux attentifs de leur dresseur. De même que le fouet dont il est armé, les barreaux qui ferment l’arène soulignent le caractère exceptionnel et dangereux de cette performance.

Réalisée par le même atelier, l’affiche Folies-Bergère - Huline brother’s invite le chaland à assister au spectacle que donnent deux clowns assez célèbres à l’époque, dont le nom apparaît en évidence en bas. La mention « original’s » garantit que ce sont bien les frères Huline qui se produisent « tous les soirs » aux Folies-Bergère. L’illustration principale les représente dans l’un de leurs numéros musicaux. Conformément à la tradition, l’un des clowns est triste, l’autre gai. D’autres scènes sont figurées dans de petits médaillons de forme variée qui promettent une joyeuse succession de rebondissements et autres scènes où les deux frères changent souvent de rôle.

Moins chargée, l’affiche Folies-Bergère - L’homme-obus annonce un numéro spectaculaire des Frères Mayol : l’un des artistes jaillit d’un canon vers son frère qui, petite fantaisie iconographique, l’attend suspendu à la barre transversale du « F » du mot « Folies » comme à un trapèze. L’espace vide et presque infini qui les sépare laisse imaginer une détonation assez forte (et donc un coup de canon bien réel) pour propulser l’homme-obus jusqu’à son frère qui, perché loin dans les airs, s’apprête à arrêter le « projectile ». La différence de taille entre les deux hommes renforce encore l’impression de grande hauteur et de grande distance. La fumée produite par le coup de feu environne cette performance hors du commun d’une atmosphère magique.

Interprétation

Les métiers du cirque

Les trois affiches ont la même fonction commerciale et utilisent les mêmes codes : couleurs vives, traits directs et efficaces, typographie stylisée. Si le cirque, en vogue à l’époque, a inspiré de grands artistes comme Seurat, Picasso, Chagall, Léger, Matisse, Toulouse-Lautrec, Degas ou encore Renoir, qui ont su, avec une certaine modernité, exploiter et explorer son univers « fantastique » ou mettre en valeur le travail des artistes, ces affiches sont moins ambitieuses. En effet, elles se contentent d’illustrer des numéros devenus traditionnels en insistant sur leur aspect comique et burlesque (Folies-Bergère - Huline brother’s), sur leur côté dynamique et spectaculaire (Folies-Bergère - L’homme-obus) ou encore sur la performance et le danger qu’ils impliquent (Folies-Bergère - L’homme-obus et Hippodrome).

L’affiche Hippodrome est très instructive quant à l’origine et à la diversification du cirque. Né en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, il propose d’abord exclusivement des spectacles équestres qui se déroulent dans des hippodromes. Peu à peu, il se dote aussi d’une ménagerie (les animaux « exotiques » arrivent des colonies à la fin du XIXe siècle) et présente des numéros de dressage.

À part les numéros exécutés par des chevaux puis par d’autres animaux dressés, les attractions proposées viennent souvent des spectacles de foire des siècles précédents, que le cirque intègre peu à peu, même s’il s’agit au départ d’une autre tradition. Les acrobaties, le jonglage, les mimes et les clowns, les numéros de force, le trapèze, l’équilibrisme sont ainsi revisités et adaptés au public. Il convient de noter que le numéro de l’homme-obus est assez nouveau à l’époque, signe que le cirque sait se renouveler pour se diversifier.

  • cirque
  • Folies Bergère
  • loisirs
  • Paris

Bibliographie

Alain CORBIN (dir.), L’Avènement des loisirs (1850-1960), Paris, Aubier, 1995.Pascal JACOB, Le Cirque.Un art à la croisée des chemins.Gallimard, « Découvertes », Paris 2001.Dominique KALIFA, La Culture de masse en France.1860-1930, Paris, La Découverte, coll. « Repères », n° 323, 2001.Marc MARTIN, Trois siècles de publicité en France, Paris, O. Jacob, 1992.Michael TWYMAN, Images en couleur.Godefroy Engelmann, Charles Hullmandel et les débuts de la chromolithographie, Paris- Lyon, Éditions du Panama-Musée de l’Imprimerie, 2007.

Pour citer cet article

Alexandre SUMPF, « Le cirque à Paris »


Video: Une compagnie dakaroise au Cirque Electrique à Paris