La chute de la royauté

La chute de la royauté

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Titre : La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.

Auteur : BERTAUX Jacques (1745 - 1818)

Date de création : 1793

Date représentée : 10 août 1792

Dimensions : Hauteur 124 - Largeur 192

Technique et autres indications : Présenté au Salon des artistes français, Paris, 1793Huile sur toile

Lieu de Conservation : Musée national du château de Versailles (Versailles) site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / J. Schormanssite web

Référence de l'image : 83EE86/MV 5182

La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Schormans

Date de publication : août 2014

Contexte historique

A l’été 1792, les conflits intérieurs s’aggravent avec les défaites militaires : l’Assemblée crée un camp des Fédérés près de Paris. Le 10 août, à 8 heures, commence alors l’une des journées les plus emblématiques de la Révolution française : la prise du palais des Tuileries, puis l’emprisonnement de Louis XVI et de sa famille au Temple qui vont mettre fin à la monarchie constitutionnelle.

Analyse des images

Cette composition présentée au Salon de 1793 représente la cour du Carrousel où se tient le combat opposant les Sections aux gardes suisses. Au premier plan un garde suisse est passé à la baïonnette par deux sans-culottes, cependant que l’on tire au canon sur la porte du palais d’où font feu d’autres gardes, héroïques ultimes défenseurs de la monarchie. Le sol est jonché de cadavres sanglants. On sent l’écrasement des gardes se sacrifiant sans négocier de reddition et l’héroïsme semble bien du côté des vaincus, montrés au premier plan dans une humanité évidente. Sur la porte de la cour du Carrousel flotte l’étendard révolutionnaire accroché à une pique coiffée du bonnet phrygien.

Interprétation

Lors du concours de peinture de l’an II de la République, cinq artistes présentèrent des esquisses représentant l’assaut des Tuileries. Le premier prix revint à François Gérard. Lagrenée le Jeune, Régnault et Bertaux traitèrent le même sujet. Au Salon de l’an VII, Hennequin fut primé pour une composition allégorique représentant le même fait historique. On reconnaît sous le pinceau de Bertaux l’art du peintre de batailles qui représente les faits comme s’ils avaient été saisis sur le vif, et se complaît dans l’évocation réaliste et macabre du massacre des gardes suisses (on lui en fit reproche, soulevant par là la question de l’authenticité de son engagement républicain). Il importe toutefois de souligner que pour l’artiste — et cela peut être interprété comme un témoignage a posteriori sur la conception de la peinture de propagande révolutionnaire —, la vérité historique doit montrer non seulement la cocarde ou l’étendard tricolore, mais aussi l’héroïsme national et la cruauté de combats particulièrement féroces et sanglants.

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Bibliographie

Denis RICHET « Journées révolutionnaires », in François FURET et Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française réed., Paris, Flammarion, coll. « Champs Flammarion », 1992.Marcel REINHARD La chute de la royauté (10 août 1792) Paris, Gallimard, coll. « Trente journées qui ont fait la France » ,1969.Michel VOVELLE La chute de la monarchie 1787-1792 Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1972.Collectif La Révolution française et l’Europe 1789-1799 , catalogue de l’exposition au Grand-PalaisParis, RMN, 1989.

Pour citer cet article

Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « La chute de la royauté »


Video: Chute de la monarchie