Caricatures de Napoléon

Caricatures de Napoléon

  • Le geai dépouillé de ses plumes empruntées.

    ANONYME

  • Introduction du citoyen Volpone et de sa suite à Paris.

    GILLRAY James (1757 - 1815)

Fermer

Titre : Le geai dépouillé de ses plumes empruntées.

Auteur : ANONYME ( - )

Date de création : 1814

Date représentée : 1814

Dimensions : Hauteur 29 - Largeur 40,5

Technique et autres indications : Eau-forte aquarellée.Version française d’un prototype anglais publié le 10 novembre 1813

Lieu de Conservation : Brown University Library site web

Contact copyright : © Brown University Librarysite web

Référence de l'image : Bullard F-185

Le geai dépouillé de ses plumes empruntées.

© Brown University Library

Fermer

Titre : Introduction du citoyen Volpone et de sa suite à Paris.

Auteur : GILLRAY James (1757 - 1815)

Date de création : 1802

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 17,6 - Largeur 23,9

Technique et autres indications : Eau-forte aquarellée.

Lieu de Conservation : Musée national du Château de Malmaison site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Référence de l'image : 95CN21091 / MM.53.9.13

Introduction du citoyen Volpone et de sa suite à Paris.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Date de publication : mai 2006

Contexte historique

Si la caricature fit référence à la culture populaire, elle s’inspira aussi de la grande culture devenue elle-même proverbiale, et par là populaire. Mais il est bien évident que les références à la littérature antique ne furent pas non plus oubliées, avec Philoctète, Prométhée, etc.
Ce détournement de la littérature à des fins satiriques fut pour beaucoup dans le développement des bulles, qui mena la caricature sur le chemin de la bande dessinée.

Analyse des images

Le geai dépouillé

Cette caricature s’inspire d’une fable de La Fontaine, « Le geai paré des plumes du paon », l’oiseau prétentieux ayant la tête de Napoléon. Et ce sont les aigles symboles des puissances de l’Europe qui lui arrachent les plumes qu’il a volées pour paraître plus grand. Et ces plumes sont l’Espagne, la Bohême, la Pologne. Nous ne sommes pas loin avec cette caricature du thème du nain qui cherche à se hausser au niveau des souverains de l’Europe.
Cette caricature est la version française d’un prototype anglais publié le 10 novembre 1813, soit moins d’un mois après la bataille de Leipzig (16-18 octobre 1813).

La caricature de Gillray

Plus qu’une caricature de Bonaparte, il s’agit ici d’une attaque contre Charles-James Fox (1749-1806), homme politique anglais favorable sinon à la Révolution, du moins à la paix permettant de développer le commerce britannique. Il appuya les négociations avec la France qui menèrent à la paix d’Amiens (1802). Il est représenté accueilli par le Premier consul vêtu de manière mi-civile mi-militaire, entouré d’une garde de mamelouks. C’est toujours l’idée de l’aventurier oriental revenu d’Egypte qui est développée ici, Bonaparte étant réputé avoir instauré son empire avec l’aide d’Egyptiens. Connu pour son goût des plaisirs, Fox est représenté comme un homme truculent et il est accompagné de son épouse, énorme matrone. Volpone, « Gros Renard », personnage de la pièce de Ben Johnson (1605), est resté comme le type du jouisseur cupide menant une existence double, dans le langage populaire. Fox, auquel il est assimilé, est donc, pour Gillray et tous les patriotes anglais du parti de Pitt un politicien non fiable, menant double jeu.

Interprétation

Si Napoléon fut bien évidemment la principale victime de la caricature, certains autres personnages, liés à lui de près ou de loin, furent également la cible des satiristes. Ce fut le cas de Fox en Angleterre, du général Vandamme en Allemagne, réputé pour sa dureté, et de Talleyrand en France, volontiers fustigé par les royalistes et par les Anglais pour sa qualité d’évêque défroqué. L’homosexualité de Cambacérès fut pour sa part utilisée pour présenter le régime impérial comme « contre-nature ».
Proche d’un jeu de mots mis en image, cette conception de la caricature – l’illustration littéraire – était à la mode dans l’art autour de 1800. Elle se développa avec le romantisme, et la caricature en fut d’une certaine façon l’origine, même si elle en détourna le sens immédiat pour l’adapter aux besoins de la satire. On peut dire en ce sens que l’art populaire, libre et sans contrainte, anticipe sur le grand art.
En ce qui concerne Napoléon, la caricature illustrative relève des quelques prototypes mis au point pour stigmatiser l’Empereur. C’est ainsi qu’elle reprend les thèmes du nain, de l’ogre ou du diable.

  • caricature
  • chute de l'Empire
  • Bonaparte (Napoléon)
  • Royaume-Uni
  • Traité d'Amiens
  • La Fontaine
  • Cambacérès (Jean-Jacques-Régis de)

Bibliographie

Jérémie BENOIT, L’Anti-Napoléon. Caricatures et satires du Consulat à l’Empirecatalogue de l’exposition du musée national des Châteaux de Malmaison et Bois-Préau, 30 Mai-30 Septembre 1996 ¨Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1996.Catherine CLERC, La Caricature contre NapoléonParis, Promodis, 1985.John GRAND-CARTERET, Napoléon en images. Estampes anglaises (Portraits et caricatures)Paris, Firmin-Didot et Cie, 1895.

Pour citer cet article

Jérémie BENOÎT, « Caricatures de Napoléon »


Video: Les Rois de France - Napoléon Ier, campagnes et exil