La bataille du pont d'Arcole

La bataille du pont d'Arcole

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Titre : Bataille du Pont d’Arcole, le 15-17 novembre 1796

Auteur : BACLER D'ALBE, Baron Louis Albert Guislain (1761 - 1824)

Date de création : 1803

Date représentée : 15 novembre 1796

Dimensions : Hauteur 191 - Largeur 357

Technique et autres indications : Huile sur toileHistorique : Salon 1804, n° 10 ; achat ; mentionné dans l’appartement de Napoléon aux Tuileries, 1806 ; au Grand Trianon, 1809 ; réserves du Louvre, 1824 ; entré à Versailles en 1837

Lieu de Conservation : Musée national du château de Versailles (Versailles) site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais

Bataille du Pont d’Arcole, le 15-17 novembre 1796

© Photo RMN-Grand Palais

Date de publication : janvier 2004

Contexte historique

Après avoir vaincu les Piémontais et les Autrichiens, l’armée d’Italie s’avance en Lombardie et assiège Mantoue. Il confie à Vaubois le soin de contenir Davidovitch et laisse 9 000 hommes contre Würmser enfermé dans Mantoue. Sortant de Vérone, Bonaparte lance son attaque le 15 novembre. Sur la gauche, Masséna est parvenu à passer et à rallier l’armée, tandis qu’à droite le général Guieu est parvenu jusqu’à Arcole, qu’il a enlevé. Le 16, la manœuvre se répète et Augereau échoue à nouveau devant le pont, tandis que Masséna avance à gauche et parvient à repousser l’aile droite autrichienne. Dans la nuit du 16 au 17, Bonaparte fait établir un pont de chevalets en avant d’Arcole, d’où Augereau pourra prendre le village de flanc, tandis que Masséna attaquera de front. Alvinczy, qui a perdu 10 000 hommes se replie, au moment où Vaubois est battu par Davidovitch.

Analyse des images

Bacler d’Albe a représenté la soirée du 17 novembre 1796. Dans le livret du Salon de 1804, il explique le tableau de droite à gauche : Bonaparte recevant la nouvelle du succès de l’assaut de la 32e demi-brigade (corps d’Augereau), Berthier chef d’état-major ordonnant de faire soigner les blessés, le général Robert, ancien de la prise de la Bastille, blessé à mort et, à gauche sur la jetée, Masséna repartant à l’assaut. De nombreux détails de soldats blessés ou distribuant des cartouches traduisent des situations vécues par Bacler d’Albe, futur général directeur du Dépôt de la guerre, alors capitaine dessinateur à l’armée d’Italie. Le centre du tableau montre évidemment le pont de bateaux construit par les pontonniers d’Andréossy écroulé à plusieurs reprises. Mais le peintre n’a pas omis de représenter dans le lointain Arcole en flammes, avec le fameux pont si durement défendu par les Croates de l’armée autrichienne, ainsi que les troupes d’Augereau achevant de repousser l’ennemi. Cet épisode si célèbre de la bataille est ici devenu secondaire, Bacler d’Albe ayant choisi de représenter l’ensemble du champ de bataille, avec dans le fond la retraite autrichienne. Artiste topographe, le peintre a repris la formule que son ami Lejeune, dessinateur attaché à l’état-major de Berthier, a inaugurée avec la Bataille de Marengo du Salon de 1801 (musée de Versailles). Il s’agissait d’étendre à la grande peinture les petites représentations commandées par le Dépôt de la guerre. Ce fut l’une des origines de la peinture militaire sous l’Empire, face aux représentations plus traditionnelles montrant le souverain victorieux, sans que l’on voie rien de la bataille, genre dans lequel s’illustra Gros en particulier. Denon, directeur du musée Napoléon, a remarqué que « la disposition en [de ce tableau] est claire et présentée de manière que l’on voit non seulement l’action du troisième jour, mais encore le mouvement des deux jours précédents ». En effet, comme Lejeune, Bacler d’Albe a tenté de représenter l’ensemble des mouvements de troupes en une seule image, induisant ainsi un parcours de lecture interne à la composition.

Interprétation

Dans l’esprit du public, la bataille d’Arcole se résume à la tentative de Bonaparte pour passer le pont en brandissant un drapeau : plusieurs peintures ont montré cet épisode, portrait par Gros (musée de Versailles), attaque du pont par Horace Vernet (collection particulière). Le sujet a aussi été peint par Thévenin, qui a plutôt montré Augereau suivi du célèbre « tambour d’Arcole », André Estienne (Salon de 1798, musée de Versailles). Car plusieurs généraux agirent de même en cette journée du 15 novembre, dont Augereau et Lannes. C’est le mérite de Bacler d’Albe que d’avoir montré l’ensemble de la bataille comme un historien et non comme un héraut de la renommée d’un général. Le public a d’ailleurs très vite oublié le rôle d’Augereau pour ne retenir que celui du général en chef, et même les efforts des historiens pour restituer la vérité n’ont pu faire oublier l’action de Bonaparte.

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Bibliographie

Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS et Bruno FOUCARTNapoléon.Images et histoire : peintures du château de Versailles (1789-1815)Paris, RMN, 2001.Claire CONSTANSCatalogue des peintures de Versailles, tome IParis, RMN, 1995.Roger DUFRAISSE et Michel KERAUTRETLa France napoléonienne.Aspects extérieursParis, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 1999.Gunther E.ROTHENBERGAtlas des guerres napoléoniennes : 1796-1815Paris, Autrement, 2000.Jean TULARD (dir.)Dictionnaire NapoléonParis, Fayard, 1999.

Pour citer cet article

Jérémie BENOÎT, « La bataille du pont d'Arcole »


Video: Battle of Arcole 15-17 November 1796