L'assassinat du duc de Berry

L'assassinat du duc de Berry

Les derniers moments du duc de Berry dans la salle de l'ancien opéra.

© Photo RMN-Grand Palais

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

La fin de la branche aînée ?

Le 13 février 1820, le duc de Berry, second fils de Monsieur, frère du roi et futur Charles X, était assassiné par l’ouvrier sellier Louvel à l’entrée de l’Opéra. L’assassinat du duc de Berry eut toutefois des répercussions immédiates, car il mit fin à la politique d’apaisement menée par Louis XVIII et son Premier ministre Decazes, qui dut démissionner sur-le-champ, redonnant une influence prépondérante à la faction ultra emmenée par Monsieur.

Analyse des images

Le duc de Berry expire sur un lit de fortune. Soigné par son chirurgien, Bougon, « le Prince lève une main défaillante sur sa fille [présentée par sa femme], et lui dit : Pauvre enfant, je souhaite que tu sois moins malheureuse que ceux de ta famille » (livret du Salon de 1824, où la toile fut exposée). On distingue Monsieur, agenouillé, de face, et le duc d’Angoulême, frère du mourant, lui aussi agenouillé, de dos. A gauche de Louis XVIII, qui bénit le mourant, le prince de Condé et, à sa droite, Louis-Philippe, duc d’Orléans. Penchées au pied du lit, la duchesse d’Orléans et sa belle-sœur Madame Adélaïde d’Orléans. Toute la famille royale est donc réunie autour du mourant, dans une attitude de tristesse contenue empreinte de ferveur chrétienne et de dignité.

Interprétation

Une mort vertueuse

Menjaud illustre avec ce tableau un événement historique précis qu’il s’efforce de rendre avec le plus de vérité possible (ici, essentiellement dans le rendu très réaliste des détails et la ressemblance des portraits). Il s’insère également dans une thématique constante depuis les débuts du néoclassicisme, près de trois quarts de siècle auparavant : celle de la glorification du héros, dont les vertus se révèlent de la manière la plus éclatante au moment suprême de la mort. Pour Menjaud, toutefois, il ne s’agit pas seulement d’héroïser la figure du mourant (dont on sait qu’il demanda au roi la « grâce pour l’homme », c’est-à-dire pour son assassin), mais aussi de présenter l’histoire sous un angle plus anecdotique et plus familier, dans des scènes facilement accessibles au spectateur et dont la sentimentalité n’entretient qu’un rapport désormais assez lointain avec l’héroïsme viril des artistes de la fin du XVIIIe siècle.

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  • Louis XVIII
  • ultraroyalisme
  • Louis-Philippe

Bibliographie

Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.Les Peintures , 2 vol.Paris, RMN, 1995.Francis DÉMIER La France du XIXe siècle Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.François FURET La Révolution, 1780-1880 Paris, Hachette, 1988, rééd.coll.« Pluriel », 1992.Daniel MANACH La Descendance de Charles X, roi de France Paris, Christian, 1997.Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.Les Peintures , 2 vol.Paris, RMN, 1995.Francis DÉMIER La France du XIXe siècle Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.François FURET La Révolution, 1780-1880 Paris, Hachette, 1988, rééd.coll.« Pluriel », 1992.Daniel MANACH La Descendance de Charles X, roi de France Paris, Christian, 1997.Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.

Pour citer cet article

Pascal TORRÈS, « L'assassinat du duc de Berry »


Video: LAssassinat du duc de Guise, Saint-Saëns, String Orchestra version