L'armée de l'Est

L'armée de l'Est

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Titre : 1870-1871 ; armée de l’Est.

Auteur : CHIGOT Alphonse (1824 - 1917)

Date de création : 1888

Date représentée : 1870

Dimensions : Hauteur 254 - Largeur 196

Technique et autres indications : Huile sur toile

Lieu de Conservation : Musée d'Orsay site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Référence de l'image : 01DE10332/inv 20684

1870-1871 ; armée de l’Est.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

En novembre 1870, Gambetta et son entourage décidèrent de mener une diversion offensive dans l’est de la France, afin de menacer les communications des Allemands sur leurs arrières et de tenter de desserrer l’étau qui bloquait Paris. Mais l’opération qui devait être rapide et secrète fut éventée par un article du Moniteur. Les 92 000 survivants se réfugièrent en ordre dispersé en Suisse, par le passage des Verrières, et ils furent désarmés le 1er février.

Analyse des images

Sur cette immense toile, d’une composition synthétique et d’une gamme de couleurs limitée, où la terre recouverte de neige occupe la majeure partie de la surface, dissimulant tout repère topographique, Chigot isole deux personnages qui se soutiennent mutuellement. Un commentaire d’Eugène Montrosier publié dans le Salon de 1888 (Paris, L. Baschet, 1888, p. 82-83) évoque le contenu de ce tableau et sa réception : « Dès qu’on touche au genre militaire, on est bien près de tomber dans la sentimentalité. C’est ce que n’a pu éviter M. Chigot rappelant un souvenir de l’Armée de l’Est, de douloureuse mémoire et qui, après des exploits glorieux, se vit amenée à se réfugier en Suisse. La scène est lugubre. Dans une plaine couverte de neige, le soleil se couche sinistrement jaune, à droite. Un dominicain décoré soutient la marche d’un turco [tirailleur algérien] blessé, et porte le fusil du soldat, prêt à en faire usage pour sauver l’enfant noir de Mahomet. »

Interprétation

Dès la fin de la guerre de 1870 et en réaction contre la Commune, de nombreux textes, souvent accompagnés d’estampes, ont été publiés, illustrant les actes d’héroïsme, individuels ou collectifs, des différents corps d’armée. Ces symboles de la résistance à la défaite de Sedan du 1er septembre 1870, réunissaient un consensus national et alimentaient le souvenir de l’amputation de l’Alsace et de la Lorraine. Dès le Salon de 1872, les artistes s’unirent à ce mouvement de célébration qui perdura jusqu’à la fin du siècle. Des peintres comme Alphonse de Neuville (1835-1885) ou Edouard Detaille (1848-1912) contribuèrent activement à ce souvenir, avec d’immenses toiles d’un réalisme appliqué telles que le Panorama de la bataille de Champigny dont la gravure diffusa largement le message. Image pacifiste, le tableau de Chigot ajoute à la dénonciation de la guerre, l’idée renouvelée d’une concorde humaine et religieuse. Image pacifiste, le tableau de Chigot ajoute à la dénonciation de la guerre l’idée renouvelée d’une concorde humaine et religieuse, anticipant "l’Union sacrée" de 1914.

  • armée
  • défaite
  • Guerre de 1870
  • troupes coloniales

Bibliographie

Dominique LOBSTEIN « 1872, un Salon désarmé ? »in 48/14. La Revue du musée d’Orsay , n° 10, printemps 2000, p.84-93.François ROBICHON L’Armée française vue par les peintres 1870-1914 Paris, Herscher-Ministère de la Défense, 1998.François ROBICHON La Peinture militaire française de 1871 à 1914 Paris, B.Giovanangeli, 1998.François ROTH La Guerre de 1870 Paris, Fayard, 1996.

Pour citer cet article

Dominique LOBSTEIN, « L'armée de l'Est »


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