1er mai 1891 : la fusillade de Fourmies

1<sup>er</sup> mai 1891 : la fusillade de Fourmies

  • Fourmies. Mai 1891. Cantonnement militaire. Grand-Place.

    PERRON Louis (1823 - 1870)

  • Fourmies. Hôpital temporaire. Les blessés.

    PERRON Louis (1823 - 1870)

  • Fourmies. Funérailles des victimes.

    ANONYME

  • Fourmies. Monument des victimes du 1er Mai 1891.

    ANONYME

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Titre : Fourmies. Grand-Place.

Auteur : PERRON Louis (1823 - 1870)

Date de création : 1891

Date représentée : mai 1891

Dimensions : Hauteur 16 - Largeur 21

Technique et autres indications : photographie

Lieu de Conservation : Ecomusée de l'Avesnois site web

Contact copyright : © Écomusée de l’Avesnois – Cliché R. Fenzysite web

Fourmies. Grand-Place.

© Écomusée de l’Avesnois – Cliché R. Fenzy

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Titre : Fourmies. Les blessés.

Auteur : PERRON Louis (1823 - 1870)

Date de création : 1891

Date représentée : 01 mai 1891

Dimensions : Hauteur 16 - Largeur 21

Technique et autres indications : photographie

Lieu de Conservation : Ecomusée de l'Avesnois site web

Contact copyright : © Écomusée de l’Avesnois – Cliché R. Fenzysite web

Fourmies. Les blessés.

© Écomusée de l’Avesnois – Cliché R. Fenzy

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Titre : Fourmies. Funérailles des victimes.

Auteur : ANONYME ( - )

Date de création : 1891

Date représentée : 04 mai 1891

Dimensions : Hauteur 9 - Largeur 14

Technique et autres indications : photographie

Lieu de Conservation : Ecomusée de l'Avesnois site web

Contact copyright : © Écomusée de l’Avesnoissite web

Fourmies. Funérailles des victimes.

© Écomusée de l’Avesnois

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Titre : Fourmies. Monument des victimes du 1er Mai 1891.

Auteur : ANONYME ( - )

Date de création : 1891

Date représentée : 01 mai 1891

Dimensions : Hauteur 9 - Largeur 14

Technique et autres indications : photographie

Lieu de Conservation : Ecomusée de l'Avesnois site web

Contact copyright : © Écomusée de l’Avesnoissite web

Fourmies. Monument des victimes du 1er Mai 1891.

© Écomusée de l’Avesnois

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

La fusillade de Fourmies

Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à agir par différents moyens dont la grève pour l’obtention de la journée de 8 heures, conformément aux directives de l’Internationale ouvrière.

En France, le contexte est plus répressif qu’il ne l’était l’année précédente. Deux compagnies d’infanterie ont été mobilisées.

En fin de journée, les soldats tirent sur quelques centaines de manifestants qui tentent d’obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie. « Car à Fourmies, c’est sur une gamine que le lebel fit son premier essai… » (Montéhus).

Analyse des images

Le décor et les conséquences

Les photographies et cartes postales conservées à l’écomusée de la région de Fourmies-Trélon permettent de planter le décor de ces événements tragiques : la grand-place bordée de ses constructions en briques sombres avec, presque mitoyennes, la mairie et l’église, au flanc de laquelle eut lieu la fusillade. Sur la place, des soldats stationnent. Rien ne permet d’affirmer avec certitude qu’il s’agit d’un cliché antérieur à la fusillade. La situation est suffisamment exceptionnelle pour attirer des badauds, en contrebas de la balustrade, mais pas assez inquiétante pour empêcher l’un d’entre eux de se hisser jusqu’aux soldats.

La deuxième photographie montre un hôpital temporaire de campagne où des soldats blessés (par des jets de pierre) reçoivent des soins, comme dans n’importe quelle opération militaire. L’atmosphère est coquette, et le photographe a de toute évidence obtenu des autorités de pouvoir fixer ces images.

L’église figure encore sur la carte postale montrant Fourmies le 4 mai, jour des funérailles des victimes. Les douze escadrons de cavalerie, les neuf compagnies d’infanterie et le fort détachement de canonniers mobilisés pour la circonstance l’ont transformée en « un camp retranché formidable » (Le Petit Journal).

La dernière carte postale montre le monument érigé sur la tombe des victimes dans le cimetière de Fourmies. Monument simple, régulièrement fleuri chaque 1er Mai et qui devient un des lieux de mémoire du mouvement ouvrier.

Interprétation

L’événement saisi par la photographie

La fusillade de Fourmies a inspiré une abondante iconographie qui théâtralise l’événement, parfois le réécrit et participe de la construction du symbole. Comparées aux gravures, ces photographies paraissent un peu ternes ; quand même certaines d’entre elles, les cartes postales, font fonction d’objets-mémoires. Des contingences techniques en répondent. L’événement ne peut être que saisi par la photographie qu’en creux.

Fourmies est une petite commune de quelque 15 000 habitants, excentrée et que rien ne prédisposait particulièrement à retenir l’attention nationale et internationale en ce 1er mai 1891. À l’occasion des obsèques des victimes, dix-sept journaux de province, vingt parisiens, deux de Belgique ont envoyé des reporters. Avant la fusillade cependant, aucun journaliste ou photographe n’avait été envoyé pour rendre compte de la manifestation. Moins encore pour le photographier (ce qui serait le cas pour une visite officielle, par exemple).

En outre, les techniques photographiques ne permettent pas encore de saisir le mouvement (dans certaines grèves violentes ultérieures, on reconstruira des barricades pour réaliser des cartes postales, ainsi à Limoges en 1905). Une seule des photographies conservées montre le secrétaire local du parti ouvrier haranguant la foule.

La manifestation de Fourmies ne peut donc être cernée qu’à travers son cadre ou ses conséquences tragiques. Ces images ne peuvent fonctionner comme des objets symboliques que pour celui accorde préalablement à l’événement une force émotionnelle ou participe de son imaginaire, construit et transmis par d’autres voies.

  • cimetière
  • funérailles
  • grèves
  • hôpitaux
  • mouvement ouvrier
  • ouvriers
  • 1er Mai
  • classe ouvrière

Bibliographie

Pierre FAVRE, « Iconographie d’une fusillade », in Madeleine REBÉRIOUX (dir.), Fourmies et les premier mai, actes du colloque, Fourmies, 1er-4 mai 1991, Paris, Les Éditions de l’Atelier, coll. « Patrimoine », 1994.

Michel FRIZOT (dir.), Nouvelle histoire de la photographie, Paris, Bordas, A. Biro, 1994.

Philippe GRANDCOING, « Les barricades du printemps 1905 à Limoges : la mémoire de la grève », in Alain CORBIN, Jean-Marie MAYEUR (dir.), La Barricade, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles », 1997.

Odile ROYNETTE-GLAND, « L’armée dans la bataille sociale, 1871-1906 », Le Mouvement social, no 179, 1997.

Pour citer cet article

Danielle TARTAKOWSKY, « 1er mai 1891 : la fusillade de Fourmies »


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